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École et retraites : la Cour Constitutionnelle fait tomber le mur des 70 ans

Un arrêt appelé à changer concrètement la vie professionnelle de milliers d'enseignants et d'agents du secteur scolaire. Par la décision n° 125 du 14 juillet 2026, la Cour Constitutionnelle a déclaré illégale une disposition qui, dans sa rigidité, risquait de placer certains travailleurs dans une situation paradoxale : sans salaire et sans pension. Un vide que les juges de la Consulta ont jugé inacceptable, tant sur le plan constitutionnel que sur celui de la pure cohérence normative.

Le problème à la racine : une limite qui ne s'actualisait pas

Pour comprendre la portée de cette décision, il convient de partir de la disposition déclarée inconstitutionnelle. L'article 509, alinéa 3, du décret législatif n° 297 du 1994 — le dit Testo Unico della scuola — prévoyait que le personnel scolaire ne remplissant pas encore les conditions requises pour bénéficier d'une pension de vieillesse pouvait être maintenu en activité, mais en tout état de cause pas au-delà de l'âge de 70 ans.

Ce mécanisme avait, dans l'abstrait, une certaine logique : garantir au travailleur le temps nécessaire pour satisfaire aux conditions d'ouverture des droits à la retraite. Le problème est que ce seuil des 70 ans est demeuré figé, tandis que le système de retraite italien a continué d'évoluer. Les ajustements périodiques de l'âge de la retraite à l'espérance de vie ont progressivement relevé les conditions requises pour accéder à la pension de vieillesse, rendant dans certains cas cet objectif inaccessible dans les délais fixés par la législation scolaire.

Le résultat ? Des travailleurs contraints de quitter leurs fonctions avant d'avoir acquis leur droit à la retraite, se retrouvant pendant une période — parfois significative — sans revenus professionnels ni prestations de retraite.

L'affaire concrète à l'origine de l'arrêt

Les grandes décisions naissent souvent de situations individuelles. Dans ce cas également, derrière la décision de la Consulta se trouve l'histoire d'une agente du Ministère de l'Instruction et du Mérite, relevant du régime contributif, qui avait été mise à la retraite d'office sans avoir encore satisfait aux conditions requises pour bénéficier d'une pension de vieillesse. La travailleuse avait demandé à pouvoir poursuivre son activité professionnelle jusqu'à l'âge de 71 ans, âge nécessaire pour ouvrir ses droits à la retraite en application de la réglementation en vigueur au moment des faits.

L'administration avait rejeté cette demande. L'affaire a d'abord été portée devant le Tribunal de Lecce, puis — par le mécanisme du renvoi préjudiciel prévu à l'article 363-bis du Code de procédure civile — devant la Cour de Cassation, et enfin devant la Cour Constitutionnelle, qui a définitivement tranché la question.

Ce qu'a décidé la Cour et pourquoi cela est important

La Consulta n'a pas supprimé le mécanisme du maintien en activité, qui demeure un instrument valide et nécessaire. Elle a en revanche supprimé la limite rigide et invariable des 70 ans, la jugeant incompatible avec les principes constitutionnels de raisonnabilité et d'égalité dès lors que cette limite peut conduire à priver un travailleur à la fois de toute rémunération et de toute prestation de retraite. En d'autres termes, la Cour a reconnu que la loi scolaire doit tenir compte de l'évolution du système de retraite, et non rester imperméable à ses transformations.

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