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Dépenses extraordinaires pour les enfants : l'absence d'accord préalable n'efface pas le droit au remboursement

L'un des points les plus fréquents — et les plus conflictuels — dans la gestion d'une séparation ou d'un divorce concerne les dépenses extraordinaires pour les enfants : ces postes qui dépassent l'entretien ordinaire et qui deviennent souvent un terrain d'affrontement entre les parents. Qui paie ? Qui doit être consulté au préalable ? Et que se passe-t-il lorsque l'un des deux agit seul, sans le consentement de l'autre ?

La Cour de cassation apporte des éclaircissements avec l'ordonnance n° 23946 du 23 juillet 2026, qui réaffirme et renforce un principe déjà présent dans la jurisprudence : l'absence d'accord préalable entre les parents n'est pas suffisante pour exclure automatiquement le droit au remboursement de la quote-part due au parent qui n'a pas supporté la dépense.

Que faut-il entendre par dépenses extraordinaires ?

Dans le contexte de la séparation, les dépenses pour les enfants se distinguent traditionnellement en deux catégories. Les dépenses ordinaires sont celles qui sont récurrentes et prévisibles — nourriture, habillement, fournitures scolaires de base — et sont généralement couvertes par la pension alimentaire mensuelle. Les dépenses extraordinaires, en revanche, comprennent tout ce qui se situe en dehors de la routine : interventions médicales spécialisées, activités sportives ou artistiques, voyages scolaires, cours de langue, dépenses dentaires ou psychologiques, et ainsi de suite.

Pour ces dernières, les décisions judiciaires prévoient souvent une répartition en pourcentage entre les parents — habituellement en proportion des revenus de chacun — et exigent parfois que les décisions soient prises d'un commun accord. C'est précisément sur ce point que naissent les litiges les plus fréquents.

La question du consentement préalable

Il arrive souvent que l'un des parents — par urgence, par difficultés de communication ou simplement en raison d'une divergence de points de vue — engage une dépense extraordinaire sans avoir préalablement obtenu l'assentiment de l'autre. Dans ces cas, le parent qui a payé sollicite ensuite le remboursement de la quote-part incombant à l'ex-partenaire, lequel refuse toutefois de s'en acquitter en invoquant précisément l'absence d'accord préalable.

Jusqu'à présent, certaines interprétations plus strictes tendaient à valoriser l'exigence du consentement comme une condition quasi indispensable au remboursement. La décision de la Cour de cassation nuance cette lecture, déplaçant le centre de gravité de l'évaluation vers un critère substantiel et non purement formel.

Le principe affirmé par la Cour de cassation

Par l'ordonnance n° 23946/2026, la Haute Cour établit que le juge, saisi d'une demande de remboursement de dépenses extraordinaires non convenues au préalable, ne peut pas se limiter à constater l'absence de consentement pour rejeter la demande. Il est au contraire tenu de procéder à une appréciation au fond, en vérifiant deux éléments fondamentaux :

  • La conformité de la dépense à l'intérêt effectif de l'enfant, indépendamment du fait qu'elle ait ou non été préalablement concertée entre les parents ;
  • Le caractère urgent ou nécessaire de la dépense, qui peut avoir justifié l'impossibilité d'obtenir un accord préalable dans les délais requis par la situation.

En d'autres termes, l'absence de concertation préalable constitue certes un élément dont le juge doit tenir compte, mais elle ne saurait à elle seule justifier le rejet automatique de la demande de remboursement. Ce qui compte, c'est la substance : la dépense était-elle réellement utile et nécessaire pour l'enfant ?

Les conséquences pratiques pour les parents séparés

Cette décision présente des implications concrètes importantes pour les parents séparés ou divorcés. D'une part, elle offre une protection accrue au parent qui, face à une nécessité objective, a dû agir sans pouvoir attendre le consentement de l'autre. D'autre part, elle ne constitue pas un blanc-seing pour contourner systématiquement l'obligation de concertation.

En effet, la Cour ne supprime pas l'exigence du commun accord là où elle est prévue par les dispositions judiciaires : elle précise simplement que son non-respect ne peut entraîner une sanction automatique sous la forme du refus de tout remboursement. Le juge devra toujours évaluer la situation in concreto, en tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant — principe cardinal de l'ensemble du droit de la famille italien, consacré notamment par l'art. 337-ter du Code civil.

Que faire en pratique ?

À la lumière de cette ordonnance, voici quelques recommandations pratiques à l'intention des parents séparés :

  • Documentez toujours les dépenses engagées : conservez les factures, les reçus et tout justificatif attestant la nature et le montant de la dépense ;
  • Tentez de communiquer par écrit avec l'autre parent, même en cas d'urgence, ne serait-ce que pour l'informer a posteriori de la dépense engagée et de la raison de l'urgence ;
  • Justifiez le caractère nécessaire de la dépense, notamment lorsqu'il s'agit d'interventions médicales, de soutien psychologique ou de besoins éducatifs spécifiques de l'enfant ;
  • Faites-vous assister par un avocat spécialisé en droit de la famille en cas de litige, afin d'évaluer la recevabilité d'une demande de remboursement à la lumière des dernières orientations jurisprudentielles.

Conclusion

L'ordonnance n° 23946/2026 de la Cour de cassation s'inscrit dans une ligne jurisprudentielle qui tend à privilégier la protection effective de l'intérêt de l'enfant sur le respect formel de procédures qui, en pratique, se révèlent souvent difficiles à mettre en œuvre dans les relations conflictuelles entre ex-partenaires. Ce n'est pas l'accord préalable qui prime, mais la pertinence et la nécessité concrète de la dépense engagée dans l'intérêt du mineur.

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