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Accidents en zones privées et responsabilité du véhicule : ce que dit la Cour de Cassation

Imaginez un travailleur victime d'un accident à l'intérieur d'un entrepôt d'entreprise, renversé par un engin en manœuvre sur le terre-plein privé d'un établissement. Qui répond du dommage ? L'assurance du véhicule ? L'employeur ? Les deux ? Ces questions, loin d'être rares dans la pratique quotidienne, trouvent une réponse plus nuancée grâce à la récente ordonnance de la Cour de Cassation civile italienne n° 19364 du 12 juin 2026, laquelle apporte d'importantes précisions sur la notion de responsabilité liée à la circulation routière dans des contextes apparemment étrangers à la voie publique.

Le nœud central : que faut-il entendre par « circulation routière » ?

Dans le langage courant, on tend à assimiler la circulation routière à ce qui se déroule exclusivement sur des voies publiques : routes, autoroutes, places ouvertes au transit. En réalité, l'ordre juridique italien retient une acception plus large et fonctionnelle de cette notion.

La Cour de Cassation réaffirme, par cette ordonnance, un principe déjà solidement ancré dans la jurisprudence : la nature privée de la zone dans laquelle survient le sinistre n'exclut pas automatiquement l'application des règles relatives à la responsabilité liée à la circulation routière. Ce qui importe, en revanche, c'est de vérifier si le véhicule impliqué dans l'accident exerçait sa fonction typique de transport, c'est-à-dire s'il était utilisé conformément à sa destination habituelle.

En d'autres termes, le juge ne doit pas s'arrêter à la question « où l'accident s'est-il produit ? », mais doit se demander « de quelle manière le véhicule opérait-il à ce moment-là ? ». Une distinction en apparence ténue, mais qui peut en pratique faire toute la différence entre l'application du régime d'assurance obligatoire et le recours à d'autres régimes de responsabilité.

Accident du travail et responsabilité civile : deux voies qui ne s'excluent pas mutuellement

Un autre aspect important abordé par la Cour concerne le rapport entre la qualification de l'événement en tant qu'accident du travail (infortunio sul lavoro) et la responsabilité liée à la circulation routière. Il est souvent admis, à tort, qu'une fois acquise la couverture de l'INAIL (Istituto Nazionale Assicurazione contro gli Infortuni sul Lavoro) et la classification de l'événement comme accident professionnel, il n'existe plus de place pour d'autres prétentions indemnitaires fondées sur le véhicule impliqué.

La Cour de Cassation réfute cette simplification : l'existence d'un accident du travail ne fait en aucun cas obstacle à l'examen de la responsabilité liée à la circulation routière. Les deux plans — celui de la prévoyance sociale et celui de la responsabilité civile — coexistent et doivent être examinés séparément par le juge. Cela signifie que la victime d'un sinistre survenu dans une zone privée d'une entreprise pourrait avoir droit à des protections cumulées, selon les circonstances concrètes de l'espèce.

Que se passe-t-il lorsque la responsabilité liée à la circulation routière est écartée ?

La Cour prend également soin de tracer la voie à suivre dans les hypothèses où, à l'issue de l'évaluation, le juge conclut à l'absence de responsabilité liée à la circulation routière. Dans ces cas, l'analyse ne s'arrête pas pour autant : d'autres régimes de responsabilité — notamment la responsabilité de l'employeur au titre de l'obligation de sécurité prévue par l'article 2087 du Code civil italien (Codice Civile), ou la responsabilité pour choses en garde visée à l'article 2051 du même Code — sont susceptibles de trouver application, offrant ainsi à la victime des voies alternatives de réparation du préjudice subi.